Le spectacle qu’offre les annuelles rentrées sont parfois horripilantes.
A l’angoisse du premier cours, des premières heures, se mêlent l’observation vestimentaire et la volonté de se créer un réseau d’amis, en frisant parfois le ridicule.
“Salut, donne moi ton numéro qu’on s’échange nos cours et, pourquoi pas, prendre un verre ?
- Ah oui, pourquoi pas, au fait moi c’est Chantal
- Et moi Karine !”
Ce dialogue, devant un supermarché glauque où une centaine d’étudiants s’amassent pour s’acheter de la bouffe bon marché. L’illusion universitaire est dangereuse, car le retour à la réalité est fracassant. Les premiers jours sont les meilleurs, car on est indépendant, on appartient, ipso facto, à un autre monde.
On rêve d’espoir et de révolution.
On veut sortir pour oublier sa condition
Tout ceci accompagné d’un joli dosage de virtuel, les nouveaux étudiants vivent dans un monde difficile, réglementé, flicé, où l’apparence et le jugement facile sont les mots d’ordres.
Moi, avoir dit que la Faculté était pourrie ? Mais non, vous m’avez mal compris …
Mounir Belhidaoui